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RECIT DU DEPART

Les cœurs sont lourds, les gorges serrées et les yeux embués. Derniers repas, derniers instants avec nos familles ou nos amis. Jamais je n’aurais pensé que la première épreuve de notre aventure débute chez nous, dans nos intimités.

Jusqu’à cette semaine, le départ était lointain, une simple date sur un calendrier. Alors oui nous avons commencé les préparatifs, mais jamais avec l’enthousiasme caractérisé d’un départ en vacances.

Et puis, il faut se l’avouer, nous avions bien pris le soin d’être occupées toute la semaine, un peu comme si courir partout permettait d’oublier ce que nous allions faire.

Peu à peu le van se remplit, se pare de nos propres couleurs. Nous installons notre nouveau chez nous. Si on nous avait dit il y a 5 ans que notre premier lieu d’habitation sans nos parents serait un van, on ne l’aurait pas cru. Mais si, ça y est, le stock de nourriture est installé, les armoires sont pleines d’habits pour l’hiver, les tiroirs d’ustensiles pour tous les jours ont trouvé leur place. Chaque petite place trouve son rôle, et tout le van est désormais rempli pour nous permettre de vivre confortablement.

Mais voilà, on peut toujours essayer de repousser les échéances, le fait est que les échéances nous rattrapent, et le 28 septembre s’est fait de plus en plus proches. Aux derniers détails administratifs à régler, il y a aussi notre propre peur et tristesse à gérer.

C’est la première fois que nous quittons nos maisons et nos familles. Certes nous allons vivre une aventure incroyable, mais elle n’en débute pas moins le cœur serré. Quitter son chez-soi, son refuge, son foyer rempli d’amour est une épreuve.

Nos familles aussi ont peur de nous laisser nous envoler vers cette aventure. Mais à ces peurs, leurs mots, leurs encouragements prennent le dessus. Le courage c’est aussi eux qui nous le montrent.

Il y a quelque chose de mystérieux et mystique aux tempêtes intérieures que provoquent ce départ. Nos propres intérieurs sont bousculés par nos peurs et notre tristesse. Mais nous ne sommes pas les seules à être bousculées. Nos familles, nos parents, nos frères et sœurs ont aussi une épreuve à traverser. L’épreuve a une signification différente, elle n’en laisse pas pour autant le cœur indemne.

Les au-revoirs sont difficiles. Les gorges sont serrées, certains mots deviennent difficiles à prononcer. Aux larmes se mélangent des promesses, des mots qui agissent comme des totems : prends soin de toi, prenez soin l’une de l’autre. Entre deux larmes, des focalisations sur le positif, sur l’aventure extraordinaire que nous allons vivre, sur les rencontres, sur les instants précieux de bonheurs simples à venir.

Portées par ce courage, cet amour et cette chaleur, nous roulons donc vers de nouveaux horizons.





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